L’alcool est de loin la drogue la plus nocive pour la société. C’est aussi l’une des rares à être entièrement légales.

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En France, l’alcool est pourtant moins taxé que dans la plupart des pays européens.

La solution est-elle d’augmenter les taxes sur l’alcool? En partie oui, le prix de l’alcool est actuellement trop peu cher en regard des coûts que sa consommation impose à la société et cela permettrait de faire d’une pierre deux coups : réduire sa consommation et apporter une source de revenus fiscaux bienvenus en cette période de contrainte budgétaire resserrée.

Le problème est que si l’on augmente uniformément les taxes sur l’alcool,  la théorie économique prévoit que les gens  reporteront une partie de leur consommation sur des alcools moins chers au détriment de produits plus onéreux mais de meilleure qualité. En somme, on pourrait prévoir que le niveau de consommation d’alcool reste substantiellement le même et que le seule effet soit la dégradation de la qualité de l’alcool consommé en général. Une augmentation du niveau de taxation ne serait alors pas suffisante pour lutter efficacement contre les pratiques abusives en matière d’alcool.

C’est pour cette raison que la loi sur le prix minimum du degré d’alcool que l’Écosse vient d’adopter est loin d’être bête. Les formes de consommation les plus nocives sont celles qui consistent à rechercher l’ivresse au plus bas prix possible. Ainsi, en imposant un prix plancher sur le degré d’alcool on augmente mécaniquement le prix des alcools de piètre qualité destinés au binge drinking, sans toucher à celui des autres alcools.
L’effet d’une telle mesure serait inverse à celui d’une taxe uniforme sur l’alcool et conduirait à une augmentation générale de la qualité de l’alcool consommé. Il faut aussi voir que les recettes fiscales seraient mécaniquement accrus puisque la TVA s’appliquerait à des prix plus hauts.
Elle serait également moins impopulaire parmi les consommateurs modérés, en particulier dans notre pays où la culture du vin est si bien enracinée.

Évidemment, comme à chaque qu’un pays se propose d’adopter une politique intelligente et innovante, l’Europe s’emploie à mettre des bâtons dans les roues des Écossais. Espérons que cette loi ne soit pas retoquée et qu’elle fixe un heureux précédent qui montrera l’exemple aux autres pays européens.

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